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De différents coups de cœur
Venus pour différents mobiles,
Au salon de l’automobile,
Les visiteurs s’y extasient
Devant le luxe qu’ils envient.
Qualité suprême, élégance,
Les bien nantis ont de la chance!
Chaque auto qui se trouve là
Est dotée de certains appâts.
On doit éviter une erreur,
Résister à un coup de cœur,
Un guide du consommateur
Peut édifier un acheteur.
La beauté que l’on prend des yeux,
Qui a le pouvoir merveilleux
De remplir l’âme d’allégresse,
Se revêt souvent de tendresse.
Elle se fait parfois musique
En une offrande poétique.
En ce qui relève des Muses,
Qui le veut s’émeut ou s’abuse.
Chacun ressent selon ses goûts
Et sans s’interroger du tout.
Peu importe dans l’art de plaire
Qu’il soit savant, faible ou vulgaire.
Se voulant lucide, un artiste,
Très, naturellement, insiste
Que seuls ses pairs soient compétents
Pour louer ou non son talent.
14 mai 2008
L’invitation
Lumière et chaleur, ce matin, m’alourdissent.
Je me tiens assoupie, au dedans, à l’abri.
Ne viennent m’occuper ni rengaines ni cris.
Le temps, certainement, subrepticement glisse.
N’ai pas le goût de lire ou de me dépenser.
Je vois, à mes côtés, mes plantes qui grandissent,
Et sans frémissements chaque jour, embellissent.
Je sais que je vieillis, sans vouloir y penser.
Alors que je végète, en parfaite innocence,
Ma raison en éveil, indulgente ou sévère,
Voulant me protéger, comme fait une mère,
Me somme d’éviter la morne somnolence.
Une phrase imprévue soudainement m’arrive
Irrésistiblement, je saisis un crayon.
Comme d’un instrument en émanent des sons
Qui m’emportent, aussitôt, voguant à la dérive .
14 mai 2008
Flou matinal
Dans le silence et le confort, dans la chaleur,
J’ai le vague désir de verser quelques pleurs,
Sans raison, face à ma rue ensoleillée.
Peut-être suis-je encore un peu ensommeillée.
Pourtant je ne ressens pas de mélancolie,
Entourée de nombreuses fleurs, certes jolies
Lassitude, je crois. Lors, mon manque d’entrain
Me met dans cet état nouveau et incertain.
Je vois autour de moi les choses que j’aimais
Devenues peu à peu dépourvues d’intérêt.
Je sais que sagement, je devrais m’en défaire,
Pour me sentir, enfin, libérée, plus légère.
Je pense, avec émoi au bonheur que j’aurais
À vivre délestée, sans soucis, sans regrets,
Là-bas, prés de la mer, dans l’un de ces pays
Qui offre l’infini étoilé chaque nuit.
14 mai 2008
Star d’un jour
En équilibre, somptueuse,
Une fleur d’hibiscus ouverte,
Se détachant des feuilles vertes,
Qui pose en star voluptueuse.
Une fleur d’hibiscus ouverte,
D’une perfection fabuleuse,
Qui pose en star voluptueuse,
Une grâce qui m’est offerte.
D’une perfection fabuleuse,
Du velours pourpre sur soie verte
Une grâce qui m’est offerte,
La beauté qui me rend heureuse.
Du velours pourpre sur soie verte,
Oeuvre vivante, capiteuse,
La beauté qui me rend heureuse
Que je sais périlleuse, certes.
13 mai 2008
Retombée sous le charme
J’assiste, en invitée, au banquet de gourmands
Qui échangent entre eux très généreusement.
J’ai perdu l’appétit. Je me sens d’un autre âge,
Quand je prête l’oreille aux propos et messages.
Des faits ont eu raison de ma joie triomphante.
Je les occulte en vain, je demeure hésitante.
Il m’arrive parfois d’avoir un coup de cœur
Mais les fruits et les mots ont perdu leur saveur.
Au soleil, revenue seule à mon jardinet,
J’y constate, ravie, l’énergie qui renaît.
La nature, à nouveau, cumulant les prouesses,
Démontre qu’elle tient et remplit ses promesses.
Sur les deux cerisiers s’activent sans effort,
Des abeilles figées que le soleil endort.
En blanches étincelles joyeusement éclate
La vie qui prend aussi des couleurs écarlates.
Retombée sous le charme qui écarte le doute
Je vais sereinement continuer ma route,
En m’emplissant les yeux de la beauté surgie,
Émouvante souvent ou emplie de magie.
12 mai 2008
La vida
Le mot vie a simple apparence.
Il reste ignoré dans l’enfance.
Tout comme le ferait un grain,
Il ne promet rien de certain.
Célébrée dans tous les pays,
La vie prend des noms qui varient.
On peut adopter l’un d’entre eux
Qui nous paraît plus chaleureux.
Or quel que soit le mot choisi,
Terne ou empreint de poésie,
Il mène au monde fantastique
Où rien ne demeure identique.
Tous les émois sont éphémères.
En priant ou non, on espère
Mais le sort, dont dépend la vie,
Régit le monde, sans avis.
8 mai 2008
En délibéré
Je sais que ma mère fut sage,
Quand elle eut atteint un bel âge,
De se défaire de ses biens
Et d’aller vivre chez les siens.
Je l’envie d’avoir eu ce choix
Qui n’est pas une option pour moi.
J’accueille un autre anniversaire
Et me questionne sur quoi faire.
Je suis la gardienne de choses
Bien inutiles et dont je n’ose
Me débarrasser sans égards.
Je les caresse du regard.
De plus, je suis propriétaire
Des lieux où je vis solitaire.
Mon âme anime ma maison,
Y défie souvent la raison.
Pas de pression ni de panique.
Je délibère, juge unique.
La sentence devra venir
Régissant ma vie à finir.
9/05/2008
Un impératif de vieille France
Quand un être est devenu chose ,
On annonce aussitôt sa mort.
On emploie le mot le plus fort.
Chacun pense aux paupières closes.
Ensuite, on parle de décès.
On dit qu’il a quitté ce monde,
On occulte le mot immonde
Qui s’imposait avec excès.
Mais peu importe ce rejet,
Quand l’énergie de l’existence,
Est dépourvue de sa puissance,
Un vivant devient un objet,
Un objet fait d’une substance
Instable et en métamorphose.
L’âme peut-être s’y repose
Ou plane, déjà en partance.
Pas à garder dans une armoire,
Il faudra s’en débarrasser.
Engloutir les émois passés,
Mettre au silence la mémoire.
«Réveillez-vous, vous qui dormez,
Priez Dieu pour les trépassés!»
Chacun, autrefois, devait croire,
Qu’un mort fait face à son histoire.
10/05/2008
Un volume de commentaires.
À mes précieux amis, artistes- peintres et poètes.
Mon œuvre poétique est toute en un journal
Que je tiens chaque jour, merveilleux ou banal.
J’y témoigne du fait qu’à chaque instant j’existe,
Écartant de ma vie ce qui pèse et attriste.
J’aime à faire des pauses, en restant en éveil,
Dans la lumière vive et chaude du soleil.
Je découvre ravie la splendide parure
Que, selon la saison, revêt dame Nature.
Je suis émerveillée contemplant la beauté.
Irrésistiblement, j’essaie de la capter.
Sans artifice aucun, je traduis les émois
Que j’éprouve en flânant, souvent prés de chez moi.
Les années s’accumulent, ma réserve grossit.
Des surprises inouïes me font dire merci.
J’ai édité, à ma façon tous mes poèmes.
J’en détache au hasard des extraits que je sème.
Aucun ne s’est perdu au cours de son voyage.
J’ai reçu, en retour, de fabuleux messages.
Je les ai reliés, gardant noms et adresses.
J’ai pour vous, mes amis, une intacte tendresse.
4 mai 2008