Un impératif de vieille France
Quand un être est devenu chose ,
On annonce aussitôt sa mort.
On emploie le mot le plus fort.
Chacun pense aux paupières closes.
Ensuite, on parle de décès.
On dit qu’il a quitté ce monde,
On occulte le mot immonde
Qui s’imposait avec excès.
Mais peu importe ce rejet,
Quand l’énergie de l’existence,
Est dépourvue de sa puissance,
Un vivant devient un objet,
Un objet fait d’une substance
Instable et en métamorphose.
L’âme peut-être s’y repose
Ou plane, déjà en partance.
Pas à garder dans une armoire,
Il faudra s’en débarrasser.
Engloutir les émois passés,
Mettre au silence la mémoire.
«Réveillez-vous, vous qui dormez,
Priez Dieu pour les trépassés!»
Chacun, autrefois, devait croire,
Qu’un mort fait face à son histoire.
10/05/2008