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Vendredi 30 mai 2008

 

On peut écouter sa pensée

Ou, en s’activant, s’en distraire.

Devenu âgé solitaire,

On hésite à se dépenser.

 

Le corps aspire à la détente

Et l’âme à de nouveaux émois.

Elle évoque ceux d’autrefois,

Quand reste vaine son attente .

 

Se souvenir aide à comprendre.

On accueille, sans contrôler,

Les bonheurs longtemps cajolés,

Les chagrins venus nous surprendre.

 

Or, peu à peu l’indifférence

Absorbe ce qui a été.

Quand on se perçoit en santé,

On tient pour grâce l’existence.

 

Coupé des autres, on soliloque.

Important de faire le point.

Certains transcrivent avec soin,

À la façon d’une  autre époque.

 

30 mai 20

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Jeudi 29 mai 2008

Voix intérieures  

J’ai reçu des parfums, des bouquets, en cadeaux,

Sources de joies intenses mais non renouvelables,

Et des bijoux aussi, des présents adorables,

Des livres importants que j’avais trouvés beaux.

 
Or, j’ai, à mon insu, changé mes habitudes.

Je me plais à errer en toute liberté,

Pour goûter aux plaisirs qu’offre l’oisiveté,

Et délaisse mes biens avec ingratitude.  


Dans la banlieue fleurie, je circule seulette,

Jusqu’aux rives du fleuve où enfin je m’assois.

Là j’éprouve toujours une indicible joie,

Entourée de canards, de pigeons, de mouettes.


Le silence parfait et l’immobilité

Font que viennent souvent des moments d’autrefois,

Ravie, j’entends alors une très chère voix

Qui récite des vers d’une grande beauté.


26 mai 2008

 

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Mercredi 28 mai 2008

                                           Colère et apaisement

 

 

Si la sérénité est un état de grâce

Qui permet à la joie, souvent, de nous combler,

La colère dormant en nous, intacte, hélas!

Peut, inopinément venir nous accabler.

 

Est-il bon de laisser resurgir la colère

Quand elle est née d’un tort qui n’est pas réparé

Ou devrait-on plutôt réagir et tout faire

Pour instaurer sa fin par bienfaisant décret.

 

La raison est troublée lors de l’indignation

Et du désir d’agir portant à la vengeance.

Mais il  peut arriver que l’esprit ait la chance

De se laisser distraire, heureuse tentation.

 

  C'est quelquefois la vue d’un fabuleux nuage

Ou celle d’un oiseau, marchant sur le gazon,

D’un rayon de soleil, jouant dans la maison,

On sourit apaisé, on ouvre une autre page.

 

28 mai 2008

 

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Lundi 26 mai 2008

                                       Héros à leur corps défendant

 

Quand ils partirent pour la guerre,

Les héros morts pour la patrie,

Le goût de vivre dans l’esprit,

Gardaient des rêves à satisfaire.

 

Les héros morts pour la patrie,

  En enfer sur un coin de terre,

Gardaient des rêves à satisfaire,

Les cajolaient, l’âme meurtrie.

 

En enfer, sur un coin de terre,

Expirant loin de ceux qui prient,

Les cajolaient, l’âme meurtrie,
Futurs héros involontaires.

Expirant loin de ceux qui prient

Et d’une gloire passagère,

Futurs héros involontaires,

Par la grâce de la patrie.

 

26 mai 2008

 

 

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Dimanche 25 mai 2008

                          

Villanelle sur un été  

À Claude

  Te souviens-tu de cet été,

Au sortir de l’adolescence?

L’espoir et la joie nous portaient.

  Nous pensions avoir mérité

D’être des élus de la chance.

Te souviens-tu de cet été ?  


La vie d’alors nous enchantait,

Dans la bienheureuse innocence.

L’espoir et la joie nous portaient.


Le soleil, la mer et c’étaient

Des projets de douces vacances.

Te souviens-tu de cet été?


Le port, l’imposante jetée,

Les grands paquebots en partance.

L’espoir et la joie nous portaient.


On ne put certes l’éviter,

Tu partis sans moi pour la France.

Te souviens-tu de cet été?

L’espoir et la joie nous portaient.

 

11 juin 2006

 

 

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Dimanche 25 mai 2008

 

Je connais un monsieur charmant

Qui voudrait être généreux.

Il a gagné beaucoup d’argent

Avant de devenir très vieux.

 

Son fils unique a deux garçons.

Il les aime et le leur déclare,

Veut les gâter à sa façon.

Eux le trouvent plutôt avare.

 


Pour les convaincre, il leur répète

Qu’il possède de nombreux biens

Exempts de taxes et de dettes,

Que tout cela leur appartient.

 

Les jeunes hommes remercient,

Se prétendent reconnaissants.

Or le voilà à leur merci,

Il a grand besoin de leur sang.

 


Il faut donner de toute urgence .

Ils n’hésitent pas un instant.

- Papi, notre sang est ton sang.

Le vieux malade a de la chance.

 


Donner et retenir ne vaut,

C’est hypocrisie condamnable.

Se départir quand il le faut

Est tout simplement raisonnable.

 

21/2/2006

 

 

 

 

 

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Dimanche 25 mai 2008

Envoûtement

 

Pourtant, je le savais, j’étais bien avertie.

J’ai eu des coups de coeur ,de nombreuses extases

Pendant bien des années ,durant de longues phases.

Rien ne devrait pouvoir m’étonner. Je l’ai dit.


Les surhommes aujourd’hui deviennent imitables,

On ne croit plus rêver quand on les applaudit.

On rencontre aussi bien des saints que des maudits,

Il n’y a plus de bornes aux actes épouvantables.


 

Le progrès répandu rend les efforts faciles.

Il profite à tous ceux qui vivront plus longtemps.

Mais l’ignorance crasse agit contrairement

Et gagne les humains qui deviennent débiles.


 

Lors, pour faire oublier ces choses déplorables,

La Beauté resurgit, puissante, irrésistible ,

Étale des trésors, les rendant accessibles,

Révèle le sublime et ses métamorphoses.

 


Je fus émerveillée exaltée, attendrie.

Combien de dieux cachés ont - ils créé pour elle?

L’équipe est-elle à l’oeuvre, demeurée éternelle?

Je suis à méditer mais encore étourdie.

 


Un déploiement d’oiseaux volant ou paradant.

Chaque espèce dotée d’attraits irrésistibles

Forme, couleurs, talent, souvent indescriptibles,

Liberté enviable et goût de vivre, ardent.

 

                                                    10 février 2007

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Samedi 24 mai 2008

  Ô  persistante vanité!

 

En pensant à la mort, je m’indigne ou je souffre.

Je ne peux accepter que des êtres émouvants,

Disparaissent à jamais aspirés dans le gouffre,

Leurs travaux oubliés, même ignorés, souvent.

 

Il se peut bien qu’un jour dépendant du hasard,

Une âme dans l’ennui, cherchant à se distraire,

Accueille des murmures, mis en vers avec art,

Sur ces ondes magiques innombrables sur terre.

 

Quand je serai forcée de m’arrêter d’écrire,

Je parlerai encore avec sincérité,

Selon mon habitude, en éludant le pire.

J’ai offert des instants de douce intimité.

 

Celui qui crée une œuvre avec persévérance,

Fait le voeu qu’elle reste accessible longtemps.

Je le partage certes, en parfaite innocence.

 Vanité, selon moi, persistante pourtant.

 

24 mai 2008

 

 

 

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Vendredi 23 mai 2008

 

 

 

Un dragonnier s’élève ,

en abri avenant,

auprès de dracénas,

arbustes odorants.

Il a plus de mille ans.

Doyen des liliacées,

ce géant nous surprend.

Si le fracas des guerres

l’a jadis agité,

il existe à présent ,

régnant dans la chaleur,

d’un rayonnant silence.

 

 

                                                             20/2/92

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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Vendredi 23 mai 2008

Absence

 

Ce blanc matin me rend maussade

Aucun rayon ne l’ensoleille.

Sur les orpins semblant malades,

Ne butinent plus les abeilles.

 

Rien ne tressaille dans ma rue,

Désertée et privée de vie.

En y laissant errer ma vue,

J’accueille la mélancolie.

 

Elle colore ma pensée

Qui m’apporte une certitude,

Irréfutable je le sais,

Que j’écarte par habitude.

 

Immobilité et silence.

Ne surgit nulle fantaisie.

C’est le temps de l’indifférence,

Vidée de toute poésie.
 

 

Il arrive qu’un oiseau passe

Et s’arrête dans mon jardin.

Alors naît un instant de grâce

Pendant qu’il picore mon pain.

 


Un promeneur avec des ailes

M’émeut irrésistiblement.

Je contemple cet être frêle

Qui certes vit intensément.

 


Lors dans l’absence qui perdure,

Des ouvrières et du soleil,

Pensive, immobile, en éveil,

Je souris et je me rassure.

 

9 octobre 2007

par suzanne walther-siksou publié dans : poésie
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