Pour désigner l’inintelligence apparente de certaines personnes, il existe toute une série de termes qui ne sont pas toujours employés à bon escient. Chacun de nous est hâtivement jugé selon son
aptitude à comprendre et à réagir adéquatement.
En nos temps modernes, les pédagogues ont à leur disposition des outils et des critères pour évaluer le potentiel intellectuel des enfants scolarisés.
Les résultats retenus sont certes sujets à caution mais en outre, il n’est pas douteux que l’intelligence d’un élève se développe d’une façon souvent imprévisible et l’on sait que l’éveil de
l’intelligence est favorisé par certaines méthodes d’apprentissage.
On a donc eu tort d’affirmer que celui qui est né bête le demeurera jusqu’à sa mort.
Les personnes de peu d’intelligence sont considérablement défavorisées.
Elles sont souvent exposées à la moquerie, au mépris ou à la colère.
La bêtise peut faire qu’on se nuise à soi-même ou que l’on cause un grave préjudice à d’autres sans cependant l’avoir voulu, par manque de jugement.
Dans bien des cas, les mots faisant défaut pour attaquer ou se défendre, elle conduit à une violence inacceptable.
On dit parfois à quelqu’un qu’il est bête, en sachant bien qu’il ne l’est pas, et ce à un moment où il agit d’une manière inadéquate en se montrant, par exemple, trop scrupuleux ou trop sensible.
Même les êtres intelligents agissent ponctuellement d’une manière tout à fait ridicule.
Eugène Fromentin a écrit au sujet d’un incident de sa vie:
« Perdant tout à fait la tête, étourdiment, sottement, je pris la fuite »
En proie à une vive émotion, on ne fait pas appel à sa raison, on écoute son corps et
ce faisant on manque de discernement, on agit comme le ferait un sot.
On peut aussi alors proférer des bêtises.
Au XVII iéme siècle, des gens d’esprit se sont amusés à consigner dans des recueils dits sottisiers, des platitudes échappées à des auteurs connus. Les historiens ont, eux aussi, conservé
certaines phrases ridicules prononcées par des personnages célèbres.
Les êtres véritablement sots ne sont pas toujours d’une intelligence médiocre, c’est souvent
la vanité qui les prive de clairvoyance ou de finesse.
Il en est résulté le proverbe qui nous dit:
«L’esprit que l’on veut avoir gâche souvent celui qu’on a »
Pour en revenir aux enfants, qui ne sont responsables de rien, ils ne mettent pas en doute ce que les grands leur disent quand ils sont en colère. Certains se souviennent, avec amertume, du temps
où ils se sentaient accablés en s’entendant traités de sot, de niais, de stupide, d’âne bâté, de crétin et même d’imbécile.
Il est inacceptable que des milliers d’adultes s’assemblent de nos jours sans avoir le souci de penser et se laissent menés, dans une parfaite adhésion, comme des bêtes en troupeaux.
Seraient-ils tous stupides ou plutôt envoûtés irrémédiablement?
C’est une rude tâche que celle ayant pour but d’enrayer la bêtise quand elle est alarmante.
14 octobre 2009